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LA FATIGUE .......

LA FATIGUE    Qu’est-ce que c’est ? 

La fatigue est une sensation physique désagréable entraînant une difficulté à la réalisation d’activités physiques ou mentales. C’est une sensation subjective et l'une des plaintes les plus souvent formulées dans la vie quotidienne. La fatigue est trop souvent considérée comme une composante normale d'une vie quotidienne agitée et épuisante, alors qu'elle peut être la traduction d'un véritable problème de santé, voire d'une maladie chronique grave. 

On distingue plusieurs types de fatigue. La fatigue musculaire encore appelée fatigue physique, la fatigue mentale ou psychique et la fatigue sensorielle (essentiellement auditive et visuelle). Quand l’état de fatigue se prolonge, il doit être pris au sérieux et parfois faire l'objet d'investigations complémentaires afin d'en déterminer la cause. 

La fatigue musculaire a deux origines différentes : 

- l'une est centrale, c'est-à-dire qu'elle prend naissance à partir de commandes musculaires au niveau du cerveau ; 

- l'autre est périphérique, c'est-à-dire qu'elle prend naissance au niveau des muscles et concerne les mécanismes qui sont à l'origine de la contraction musculaire. La fatigue que nous ressentons quotidiennement est de type périphérique. 

Il faut différencier l’asthénie de la fatigue, bien que ces deux notions soient souvent confondues. L’asthénie est une sensation d’épuisement avec anticipation sur l’activité à venir. La fatigue est pour sa part normale et physiologique. Ce qui est anormal, c’est que la fatigue se prolonge. On parle de fatigue chronique lorsque ce symptôme dure plus de 6 mois.


Pourquoi les muscles se fatiguent-ils ? 

Au plan musculaire, pour produire l'énergie nécessaire à la contraction musculaire et éliminer les déchets qui en résultent, différents évènements vont s’enchaîner. La fatigue musculaire dépend de deux phénomènes métaboliques différents : une diminution de la fourniture d'énergie et une modification de l'équilibre électrochimique de la cellule musculaire. 

En fonction du type d'effort, les mécanismes mis en place sont différents car ils font appel à des fibres musculaires différentes : 

- les fibres de type II B dont le métabolisme est centré sur les sucres : elles sont utilisées dans les efforts brefs et intenses ; 

- les fibres de type I et II Ad dont le métabolisme est fondé sur l'utilisation de l'oxygène ; elles sont utilisées dans les efforts d'intensité modérée et de longue durée. 

En cas d’effort bref et intense, la fatigue est la résultante de l'insuffisance de libération de calcium qui entraîne une augmentation de l'acidité dans les cellules musculaires et l'accumulation de déchets comme l'ammonium et le lactate dont les effets nocifs sont réels. 

En cas d’effort prolongé, la fatigue est directement liée à une diminution, voire une disparition des stocks musculaires de glycogène, qui est le composant énergétique assurant le fonctionnement musculaire. Il semble néanmoins que ce glycogène, pour essentiel qu'il soit, ne soit pas le seul responsable : la déshydratation (manque d'eau), l'hypoglycémie (manque de sucre) et l'hyperthermie (température trop élevée) pourraient avoir un rôle important dans ce phénomène d'épuisement musculaire précédé par la sensation de fatigue.


Dans tous les cas, l'activité musculaire intense est consommatrice d'énergie, ce qui entraîne, comme dans tout processus énergétique, la production de déchets. 

Les déchets dits métaboliques, composés essentiellement de lactate et d'ammonium, bloquent les systèmes producteurs d'énergie et les systèmes d'élimination. L'impossibilité progressive d'apporter plus d'énergie implique inéluctablement l'arrêt de l'effort. 

Ces déchets accumulés dans l'organisme à des doses toxiques peuvent être transportés vers le cerveau et être alors responsables des sensations de malaises et de fatigue générale, au-delà de la simple fatigue musculaire locale.


La fatigue musculaire peut-elle varier avec l’entraînement physique ? 

La fatigue musculaire varie en fonction des muscles concernés et des fibres qui les composent : certaines fibres musculaires sont utilisées lors d'efforts brefs et intenses alors que d'autres tolèrent plus facilement les efforts prolongés. 

L'entraînement physique permet aussi d'améliorer la résistance à la fatigue en : 

- augmentant les capacités de stockage de glycogène ; 

- développant la circulation sanguine, ce qui signifie la possibilité d'amener plus vite plus d'énergie au niveau musculaire si la demande augmente ; 

- améliorant les processus de traitement des déchets et  leur élimination.


Quelles sont les principales causes de fatigue ? 

La fatigue peut être d’origine physique, mentale ou sensorielle. Le seul point commun est une sollicitation trop importante par rapport à une capacité à exécuter un travail physique, à subir une pression mentale ou à acquérir des informations sensorielles, qu'elles soient auditives ou visuelles. Tous les types de fatigue ont donc en commun un déséquilibre entre la dépense à fournir et les moyens mis à disposition pour pallier cette dépense d'énergie.

Certaines situations physiologiques conduisent à une augmentation des besoins. C’est le cas, par exemple, de la grossesse qui entraîne des modifications des principales fonctions physiologiques de l'organisme et donc des besoins plus importants. La fatigue ressentie par les femmes enceintes, une fois éliminées toutes les pathologies pouvant survenir pendant la grossesse, peut être directement liée à une insuffisance d'apports.

Autre exemple de besoins non couverts et sources de fatigue chez les femmes : la carence en fer qui résulte, chez les femmes réglées, des pertes mensuelles non compensées. Les femmes qui ne compensent pas ces pertes sanguines par une alimentation équilibrée présentent des carences en fer (dites carences martiales) qui se traduisent, entre autres signes, par une fatigue importante. Selon diverses enquêtes, la fréquence de ce déficit est élevée et pourrait toucher 10 à 15 % de la population.


Quelles sont les maladies infectieuses et inflammatoires les plus souvent impliquées ? 

La fatigue, quand elle s'inscrit en tant que symptôme d'une maladie, est souvent nommée asthénie. L'asthénie se retrouve en différentes occasions :

- avant tout dans les pathologies infectieuses. La fatigue y est très fréquente que ce soit pendant l'épisode infectieux ou lorsque la maladie décline. On parle alors d'asthénie post-infectieuse. Cette fatigue est d'autant plus forte que l'infection est due à des agents infectieux qui se développent dans les cellules en modifiant leur fonctionnement normal. Certaines bactéries, responsables de maladies infectieuses, peuvent libérer des endotoxines dont une des conséquences est d'engendrer une fatigue musculaire supplémentaire. L'hépatite est un exemple de pathologie engendrant une fatigue particulièrement intense ;


- certaines maladies inflammatoires chroniques et cancers peuvent être à l’origine de fatigue prolongée due à un retard au diagnostic : maladie inflammatoire de l’intestin (maladie cœliaque), maladies des muscles (myasthénie, myopathies, myosites), maladies du sang (hémochromatose correspondant à une surcharge en fer d’origine génétique), maladies endocriniennes (insuffisance thyroïdienne ou corticotrope) ou maladies neurologiques (sclérose en plaques, maladie de Parkinson).


Les troubles du sommeil peuvent-ils être à l’origine d’une fatigue chronique ? 

Toute anomalie du sommeil ne permettant pas d'avoir une récupération correcte aura un impact sur la fatigue. Le sommeil est construit autour de cycles dits circadiens (de 24 heures) nommés aussi cycles veille/sommeil. Ces cycles sont proches de celui de notre température, qui varie selon les moments de la journée et de celui de la sécrétion des hormones qui assure l'équilibre de l'organisme. Une désynchronisation de certains de ces rythmes peut avoir une influence réelle sur la fatigue qui est plus vite ressentie ; les efforts demandés pour accomplir une tâche sont alors plus lourds et plus fatigants que dans les conditions habituelles.


Les deux principales pathologies du sommeil à l’origine de fatigue sont le syndrome d’apnée du sommeil et la narcolepsie (maladie de Gélineau).

Le syndrome d’apnée du sommeil se caractérise par un état de fatigue intense dès le réveil, associé à des épisodes d’endormissements au cours de la journée. La nuit, les ronflements sont souvent importants et il peut exister des pauses respiratoires avec une reprise inspiratoire bruyante.

La narcolepsie, pour sa part, se traduit par des endormissements brutaux et parfois des hallucinations.


La fatigue peut-elle être en rapport avec des troubles de l'humeur ? 

La fatigue est une composante subjective et personnelle. Elle fait partie des critères majeurs des épisodes dépressifs majeurs, mais toute fatigue n’est pas obligatoirement en rapport avec un syndrome dépressif. Une fatigue qui se prolonge, sans raison évidente, doit néanmoins, faire évoquer cette maladie.

 

La fatigue est-elle inéluctable avec l’âge ? 

La fatigue est l'une des plaintes le plus souvent formulées par les personnes âgées.

Avec l'âge, il peut exister :

- une réduction de la force musculaire, ce qui conduit, à niveau d'exercice identique, à des besoins énergétiques majorés ;

- une diminution des fonctions cardiovasculaires et pulmonaires, ce qui limite à la fois l'apport énergétique et les capacités d'élimination des déchets ;

- des problèmes de dénutrition ;

- un manque de substances énergétiques dû à des erreurs nutritionnelles ;

- une perturbation de l'absorption des aliments, que ce soit en rapport avec des altérations liées au vieillissement ou des problèmes résultant de prises de médicaments trop importantes.


Chez les personnes âgées, en outre, la réduction progressive de l'activité physique entraîne elle-même une diminution de la force musculaire et la nécessité de développer un effort plus important pour réaliser une activité physique identique.


Elle s'accompagne fréquemment d'un désintérêt progressif des « choses de la vie » qui, sans aller systématiquement vers un état dépressif, peut se traduire par une fatigue générale.

Mais il ne faut pas oublier que la fatigue de la personne âgée peut résulter d'une véritable maladie. Certaines pathologies, plus fréquentes en fin de vie, peuvent se traduire par des manifestations très générales au sein desquels la fatigue occupe une place prépondérante : l’insuffisance cardiaque et l’hypothyroïdie.


Toute personne âgée se plaignant de fatigue doit d'abord être écoutée par son entourage. On cherchera avant tout à identifier la cause de cette plainte : carences nutritionnelles, déshydratation, troubles du sommeil peuvent trouver des solutions efficaces.


Quelle est la différence entre fragilisation et fragilité ? 

Les médecins gériatres distinguent la fragilisation et la fragilité. Le processus de fragilisation correspond à la diminution des fonctions physiologiques (la motricité, les fonctions cognitives, etc.). Son risque est l'évolution vers la fragilité qui est une altération des fonctions de l'appareil locomoteur, du système neuro-endocrinien et des processus de protection immunitaire. Dès lors ces altérations ne permettent plus une réponse adaptée aux agressions, qu'elles soient externes (traumatismes, chocs affectifs, déclin social etc.) ou internes (infections, déshydratation, cancer, etc.).

Certains signes permettent de dépister la fragilité chez les sujets âgés. Le dépistage permet de mettre en place des mesures de prévention avant que ne s'installent certains handicaps pouvant conduire à une perte d'autonomie.

Pour cela, il existe des échelles qui permettent d'évaluer le niveau de fragilité des sujets âgés. Elles sont fondées sur une série de questions qui permettent d'évaluer les éléments qui déterminent la fragilité du sujet âgé.


Quelles sont les conséquences de la fatigue ? 

Les conséquences de la fatigue sont multiples. La fatigue perturbe la qualité de vie, limite les activités quotidiennes et peut également être responsable de problèmes plus graves : accidents ou fractures.

La fatigue musculaire peut avoir des conséquences :

- sur la précision avec laquelle les gestes sont réalisés ;

- sur la capacité même à réaliser ces gestes.


Cette fatigue peut être responsable de chutes ou de fractures dites « de fatigue ».

La fracture de fatigue est la traduction de la sollicitation importante et répétée à laquelle est soumis un os normal dans le cadre d'un effort prolongé et trop intense. Ces fractures surviennent sur un os sain sans qu'il y ait de traumatisme. Cette fatigue peut aussi être augmentée par un changement de surface d'évolution dans le cadre de la pratique d'un sport (passage sur un sol dur), ou par l'utilisation de chaussures défectueuses. La localisation de ce type de fracture est, bien sûr, totalement liée au type de sport pratiqué.


La principale caractéristique de ces fractures est de donner une douleur très progressive et rarement brutale qui apparaît à l'effort et qui disparaît au repos. Progressivement, l'intensité augmente et l'arrêt de l'effort est obligatoire. Le pronostic de guérison de ces fractures est en général correct à partir du moment où elles ont été prises en compte assez tôt et où l'effort n'est pas poursuivi.

La fatigue mentale est également source, dans un premier temps, d'altération des fonctions intellectuelles avec, en particulier, des temps de réaction augmentés et une moins bonne capacité à traiter l'information et les problèmes : c'est ce que l'on nomme une altération des fonctions cognitives. Cette fatigue mentale va souvent de pair avec l'altération des fonctions sensorielles, en particulier auditives et visuelles : c'est cette fois la capacité d'acquisition des informations, c'est-à-dire de perception de l'environnement, qui est altérée.


La fatigue a aussi une implication très forte dans la survenue d’accidents de la circulation. La conduite automobile demande un niveau d'éveil correct et une attention soutenue : ces deux capacités sont altérées lorsqu'on est fatigué et ce phénomène peut être à l'origine d'accidents au même titre que la fatigue visuelle, en particulier lors de la conduite de nuit ou en période crépusculaire.


La fatigue répétée et générale, qu'elle soit physique ou mentale, peut être à l'origine d'épuisement. Cet épuisement peut être musculaire, comme à la fin d'un effort physique de grande intensité, ou général, c'est-à-dire psychique et physique : les Américains et les Français le désignent de plus en plus alors sous le nom de syndrome « burn out ».


Qu’est-ce que le syndrome de fatigue chronique ? 

Le syndrome de fatigue chronique est défini par des critères parfois différents selon les pays mais qui incluent globalement un début qui peut être repéré dans le temps, l’absence de soulagement au repos, la réduction de l’activité d’au moins 50 % et d’autres troubles souvent associés : céphalées, douleurs musculaires multiples, douleurs squelettiques, troubles du sommeil, difficulté à la concentration…

Aucun critère objectif n’a pu être mis en évidence et l’origine post-virale avancée par certains chercheurs n’a pas été confirmée.

 

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Source : http://sante.lefigaro.fr/sante

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